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Recul des loyers
Recul des loyers

Coup de frein sur les loyers

Les loyers poursuivent leur baisse en France, avec un recul de 0,1 % en 2017. La tendance ne devrait pas s’améliorer en 2018. En effet, les chiffres révélés par l’association Clameur montrent que le marché se porte mal.

Baromètre Clameur : quatre indicateurs préoccupants

Une étude de l’Observatoire Clameur montre que l’activité s’est contractée entre 2015 et 2017, avec un recul du nombre de baux signés de 7,8 % sur la période. Ce premier indicateur équivaut au taux de mobilité résidentielle. Plus ce dernier est élevé, plus l’activité est considérée comme dynamique. Or, en 2017, le taux de mobilité était de 28,3 % contre 30,7 % en 2015.
Deuxième indicateur inquiétant : l’évolution des loyers par rapport à l’inflation. Entre 2013 et 2017, les loyers ont augmenté de 0,3 % par an, soit deux fois moins vite que l’inflation. « Le pouvoir d’achat des bailleurs diminue », affirme Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris Ouest, porte-parole de l’Observatoire Clameur. 
Ensuite, le Baromètre indique que les logements sont moins entretenus. En effet, en 2017, l’effort d’amélioration et d’entretien réalisé par les propriétaires-bailleurs a atteint 14,3 % contre une moyenne de 21,9 % sur ces vingt dernières années. « Seuls 4 % des logements locatifs bénéficient chaque année de travaux », ajoute l’universitaire spécialiste du logement. Cela remet logiquement en cause les ambitions de rénovation énergétique du gouvernement.
Quatrième facteur d’inquiétude : la durée de la vacance locative en léger recul l’année dernière. Ainsi, sur une base de 100 calculée en 1998, l’indice de durée de la vacance locative établi par l’association Clameur atteint 110,8 à la fin de l’année 2017.

Secteur locatif : quelles tendances en 2018 ?

Selon l’Observatoire Clameur, le taux de mobilité s’est redressé sur les deux premiers mois de l’année 2018, atteignant 30,6 %. Michel Mouillart précise toutefois qu’ « un tel sursaut n’est pas inhabituel : il exprime presque toujours un rattrapage de la demande ». Parallèlement, les loyers de marché ont augmenté de 0,8 % sur janvier-février 2018 par rapport à la même période en 2017. L’Observatoire rappelle que le marché du travail incertain et la stagnation du pouvoir d’achat combiné à la baisse des aides au logement incitent les propriétaires-bailleurs à la sécurité. A l’avenir, ces derniers pourraient être massivement tentés de revendre plutôt que de louer leur logement. Alors, le secteur locatif est-il en train de s’effondrer ? A quoi ressembleront les agglomérations dont le patrimoine immobilier est menacé par le manque de travaux et d’entretien ? Autant de questions qui restent pour le moment sans réponse. Les acteurs de la filière auront au moins essayé d’alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d’inciter et non de sanctionner afin de relancer le marché immobilier.

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About Anne Maurel

Web Rédactrice, l'Immobilier 100% entre Particuliers

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